Comment devenir télépilotes de drones professionnels?

Comment devenir télépilotes de drones professionnels?


Piloter un drone pour le loisir est une chose, piloter un drone dans le cadre d’une activité professionnelle en est une autre!

Différence entre Aéromodélisme et Imagerie Aérienne par Drone

Une activité d’aéromodélisme est une activité de loisir, l’utilisation de la caméra dans le cadre des drones de loisir : « la prise de vues aériennes est possible en aéromodélisme au cours d’un vol dont l’objectif reste le loisir ou la compétition et lorsque les vues réalisées ne sont pas exploitées à titre commercial (ou cédées à titre gratuit pour un usage commercial)». Il faudra toutefois respecter les règles sur la vie privée et il est donc interdit « de filmer une personne se trouvant dans un lieu privé ou d’enregistrer des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel, et ce sans son consentement »

Avant de vouloir devenir pilote de drone professionnel, la première étape indispensable consiste à apprendre le pilotage d’un drone et les différentes conditions à remplir avant chaque vol. Ensuite, il vous faudra apprendre les techniques et astuces de prises de photos et vidéos en vol. Les conditions requises peuvent se résumer en deux parties :

  • La première condition est de se former au pilotage. Pour celà,  il existe plusieurs moyens. Soit vous achetez votre drone et vous passez des heures et des heures  à vous entraîner en solo en suivant des tutoriels que vous pouvez trouver sur internet (lorsque je dis piloter, c’est savoir piloter sans assistance GPS c’est important en cas de problème!) ou, vous contactez un organisme de formation pour obtenir votre DNC (Déclaration de niveau de compétences), ou soit en passant directement par une entreprise proposant des formations complètes au pilotage de drones ( Attention cependant dans votre choix sur le centre de formation…)
  • La seconde condition est d’être détenteur d’un brevet théorique d’ULM au minimum. Ce brevet est nécessaire, car un drone est considéré comme n’importe quel autre aéronef lorsqu’il est utilisé à des fins professionnelles. Les règles et restrictions aéronautiques d’autres aéronefs s’appliquent donc également aux drones. Les télépilotes de drones professionnels doivent donc connaître les lois de l’air tout en assurant la sécurité des personnes et des biens au sol. Cependant, un diplôme spécifique au drone verra le jour normalement fin du premier semestre 2018.

 

Il existe quatre scénarios de vol décrits par La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC):

Scénario S1: Pilotage à vue et hors zone peuplée uniquement, altitude d’évolution de l’aéronef est limitée à 150 mètres avec une distance horizontale maximale de 200 mètres par rapport au télépilote. La masse maximale de l’aéronef au décollage est de 25 kg.
Scénario S2: Pilotage hors vue directe et hors zone peuplée uniquement, altitude d’évolution de l’aéronef est limitée à 50 mètres avec une distance horizontale maximale de 1 km par rapport au télépilote. Aucune personne au sol doit se trouver dans la zone d’évolution de l’aéronef. La masse maximale de l’aéronef au décollage est de 25 kg.
Scénario S3: Pilotage à vue et en agglomération, altitude d’évolution de l’aéronef est limitée à 150 mètres avec une distance horizontale maximale de 100 mètres par rapport au télépilote. La masse maximale de l’aéronef au décollage est de 4 kg. L’aéronef doit être équipé d’un système de limitation de la force d’impact au sol si celui-ci a une masse supérieure à 2 kg.
Scénario S4: Pilotage hors vue directe et hors zone peuplée uniquement, altitude d’évolution de l’aéronef est limitée à 150 mètres avec une distance horizontale de plusieurs kilomètres hors d’espace aérien contrôlé.

 

Le cadre réglementaire pour devenir pilote de drone

 

Conformément à la législation du 11 avril 2012, toute personne souhaitant piloter un drone à des fins professionnelles doit détenir au minimum :

  • Déclaration de niveau de compétences (DNC)
  • Brevet théorique de pilote d’ULM ( au minimum)
  • Déclaration d’activité enregistrée DSAC
  • Drones homologués DGAC
  • Création d’un Manuel d’Activités Particulières (MAP) dans lequel est listé les drones validés pour le scénario de vol S3
  • Attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle spécifique à l’activité de prise de vue aérienne avec drone
  • Être en possession des documents suivants: Manuel d’utilisation et d’entretien, dossier technique, Carnet de vol…

Pour réaliser des prises de vue aériennes en agglomération, il faut obligatoirement faire une demande préfectorale de survol des agglomérations et rassemblements de personnes pour les aéronefs télépilotés dans le cadre du scénario S3. Cette déclaration en scénario S3 concerne les vols commençant au plus tôt cinq jours ouvrables.

L’autorisation préfectorale permet d’exercer une activité de prise de vue aérienne par drone légalement. Cependant, lors d’une opération dans un espace public, il faut prévenir la municipalité de la ville de son intervention afin que celle-ci autorise à utiliser l’espace publique pour mettre en place les périmètres de sécurité nécessaires et obligatoires (balisage, délimitation de la zone etc..)

Balisage d’une zone de décollage:
Avant chaque mission, une zone de décollage interdite au public est définie à l’aide de cônes de signalisation, panneaux et de ruban type « Rubalise » afin d’éviter tout risque pour les biens et les tiers.
Cette zone d’exclusion permet de tenir le public à une distance de sécurité minimale de 30 mètres.

Définition du périmètre de vol:
Le télépilote doit toujours veiller à respecter la zone d’exclusion vis à vis de toute personne non informée qui n’est pas directement en lien avec l’activité particulière ayant fait l’objet d’une procédure en cas d’incident en vol de l’aéronef. Aucune personne ne doit se trouver à moins de 30 mètres du drone.

Seules les personnes suivantes peuvent être autorisées à l’intérieur de la zone minimale d’exclusion :

– Les personnes impliquées dans le pilotage de l’aéronef ou l’opération de sa charge utile;
– Les personnes isolées par un dispositif de sécurité ou une structure leur assurant une protection suffisante;
– En dehors de l’utilisation d’un aéronef de masse supérieure à 2 kg dans le cadre du scénario S-2, les personnes directement en lien avec l’activité particulière ayant signé une attestation stipulant qu’elles ont été informées sur les mesures d’urgence définies par l’exploitant en cas d’incident en vol de l’aéronef.
Avant chaque vol, il faut consulter les cartes aéronautiques afin de vérifier si nous sommes dans une CTR ou non (espace aérien réglementé proche d’un aérodrome). il peut être utiliseé par exemple les cartes AIP drone disponibles gratuitement.
Chaque drone doit obligatoirement disposer d’une plaque d’identification mentionnant le nom de l’exploitant et ses cordonnées.

Ne pensez pas que de devenir télépilote professionnel est si simple, une fois que vous aurez obtenu toutes les autorisations pour pratiquer, si vous n’êtes pas employé dans une société, il faudra créer la votre! Effectuer une étude de marcher, définir un budget (drones, accessoires,véhicule,matériel informatique,licences informatiques, assurances, matériel de transport, de sécurité, frais de déplacement etc etc..) Sans compter naturellement toutes les taxes professionnelles (RSI,CFE,Impôsition sur le revenu etc..), le temps pour remplir toutes les démarches administratives avant de pouvoir voler etc…

Je ne vais pas tout détailler à moins d’y passer 3 jours, mais vous pouvez le constater, le ticket d’entrée (investissement financier et personnel) est élevé pour travailler dans les règles de l’art et en sécurité.

A Propos De l'Auteur

Laurent Guglielmetti

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